Romarin
Le romarin est un arbrisseau ligneux des garrigues méditerranéennes, longtemps classé sous le nom Rosmarinus officinalis et rattaché depuis 2017 au genre Salvia — les deux dénominations coexistent encore sur les étiquettes. Il pousse spontanément en Espagne, en France méridionale, en Italie, en Grèce et sur toute la côte nord-africaine, où il est aussi cultivé pour la distillation.
Ce sont les feuilles et les sommités fleuries qui sont exploitées. Selon le procédé, elles donnent trois matières premières bien distinctes, qu'il vaut la peine de ne pas confondre.
Trois formes, trois usages
L'huile essentielle (INCI : Rosmarinus Officinalis Leaf Oil) est obtenue par distillation à la vapeur. C'est un liquide fluide et incolore à jaune pâle, à l'odeur camphrée et pénétrante. Elle est très concentrée et ne s'emploie jamais pure.
L'hydrolat (Rosmarinus Officinalis Leaf Water) est l'eau de distillation récupérée à l'issue du même procédé. Il porte une odeur beaucoup plus légère et s'utilise comme phase aqueuse ou en application directe, sans dilution.
L'extrait (Rosmarinus Officinalis Leaf Extract) est obtenu par macération dans un solvant. Riche en composés phénoliques — acide carnosique, carnosol, acide rosmarinique — il sert principalement à retarder l'oxydation des corps gras dans une formulation. C'est le même principe qui lui vaut, côté alimentaire, un usage comme antioxydant sous le numéro E392.
Les chémotypes : une distinction qui compte
Le romarin est l'exemple type d'une plante à chémotypes. Selon le terroir et le climat, la même espèce produit des huiles essentielles de compositions nettement différentes, sans que rien ne le laisse deviner à la lecture du nom botanique.
Le chémotype cinéole, principalement d'origine marocaine ou tunisienne, est dominé par le 1,8-cinéole. Son odeur est fraîche et eucalyptée.
Le chémotype camphre, d'Espagne ou de Provence, contient une proportion notable de camphre. Son odeur est plus dure, nettement camphrée.
Le chémotype verbénone, essentiellement corse, se distingue par sa teneur en verbénone. C'est le plus rare et le plus coûteux, à l'odeur plus douce et herbacée.
Ces trois huiles n'ont ni la même odeur, ni les mêmes précautions d'emploi. Une étiquette sérieuse mentionne toujours le chémotype ; son absence est un signal à prendre en compte.
Usages en cosmétique
L'huile essentielle, diluée dans une huile végétale, entre dans les huiles corporelles et les huiles et sérums capillaires. Elle figure aussi dans les savons parfumés et dans les préparations de bain. Elle fait partie des huiles essentielles les plus employées en parfumerie fonctionnelle, pour sa note fraîche et herbacée.
L'hydrolat s'emploie comme hydrolat à part entière, en lotion ou en phase aqueuse d'émulsion, avec les ingrédients de base.
L'extrait, lui, ne s'utilise qu'à très faible dose — quelques dixièmes de pour cent — pour prolonger la tenue des corps gras d'une formulation. Il n'a pas de fonction cosmétique propre à cette concentration.
Usage alimentaire
Le romarin séché est une herbe aromatique classique de la cuisine méditerranéenne, employée avec les épices dans les grillades, les ragoûts et les marinades. Son extrait sert par ailleurs d'antioxydant dans l'industrie alimentaire.
Précautions
Les huiles essentielles sont des produits concentrés. Celle de romarin ne s'applique pas pure sur la peau et ne convient pas à un usage sans dilution préalable dans un corps gras.
Certains chémotypes, en particulier le chémotype camphre, font l'objet de restrictions d'emploi. L'usage des huiles essentielles est déconseillé chez le jeune enfant et pendant la grossesse sans avis préalable. En cas de traitement médical, de terrain particulier ou de doute, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien est nécessaire avant utilisation.
Conservation
L'huile essentielle se conserve plusieurs années en flacon ambré, fermé, à l'abri de la lumière et de la chaleur. L'hydrolat est bien plus fragile : constitué d'eau, il se garde au frais et se consomme dans les six à douze mois, une turbidité ou un dépôt signalant un produit à écarter. L'extrait se conserve selon les indications du fournisseur.
Questions fréquentes
Rosmarinus officinalis ou Salvia rosmarinus ?
C'est la même plante. Le romarin a été rattaché au genre Salvia en 2017 ; les deux noms restent en usage sur les étiquettes.
Quelle différence entre huile essentielle, hydrolat et extrait ?
L'huile essentielle est le distillat concentré, l'hydrolat l'eau de distillation, beaucoup plus douce, et l'extrait une macération employée pour retarder l'oxydation des corps gras.
Qu'est-ce qu'un chémotype ?
Une même espèce peut produire des huiles essentielles de compositions différentes selon son terroir. Le romarin en compte trois principaux : cinéole, camphre et verbénone, aux odeurs et aux précautions distinctes.
Peut-on appliquer l'huile essentielle pure ?
Non. Elle se dilue systématiquement dans une huile végétale avant application.
À quoi sert l'extrait de romarin dans une liste INCI ?
À très faible dose, il retarde l'oxydation des corps gras de la formulation. C'est le même rôle qu'il joue en alimentaire sous le numéro E392.
Comment conserver l'hydrolat ?
Au frais, à l'abri de la lumière, et à consommer dans les six à douze mois. Une turbidité ou un dépôt indiquent un produit à ne plus utiliser.
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