Cire de carnauba
La cire de carnauba provient des feuilles du carnauba, Copernicia prunifera — encore souvent désigné sous son synonyme Copernicia cerifera, qui reste le nom retenu par la nomenclature INCI. Ce palmier pousse exclusivement dans le nord-est du Brésil, dans les États du Ceará, du Piauí et du Rio Grande do Norte.
L'arbre y est surnommé « arbre de vie », car toutes ses parties sont exploitées. La cire, elle, est une adaptation au climat : le palmier la sécrète à la surface de ses feuilles pour limiter l'évaporation pendant la saison sèche.
La récolte reste largement manuelle. Les feuilles sont coupées, séchées au soleil, puis battues pour détacher la poudre de cire, qui est ensuite fondue et filtrée. Un palmier fournit quelques dizaines de grammes par an.
La plus dure des cires
C'est sa caractéristique déterminante. Son point de fusion se situe entre 80 et 86 °C, contre 62 à 65 °C pour la cire d'abeille et environ 70 °C pour la candelilla.
Cette dureté vient de sa composition : elle est riche en esters d'acides gras à très longue chaîne, accompagnés d'acides et d'alcools libres, ainsi que d'une fraction de diesters qui n'existe pas dans les autres cires.
Deux conséquences pratiques. D'abord, elle donne un fini brillant caractéristique, ce qui explique son emploi historique dans les cirages, les vernis et les produits d'entretien automobile. Ensuite, elle est extrêmement efficace à faible dose : 1 à 3 % suffisent là où il faudrait 8 à 15 % de cire d'abeille.
Classement par couleur
Les qualités commerciales sont classées selon la couleur, qui dépend de l'âge des feuilles et du procédé.
Le type 1, dit prime yellow, provient des feuilles les plus jeunes et non ouvertes. C'est la qualité la plus claire et la plus recherchée, celle employée en cosmétique et en alimentaire.
Les types suivants sont progressivement plus foncés, jusqu'au type 4, brun, destiné aux usages industriels.
Une cire à usage cosmétique doit être de type 1 ou 2 : au-delà, la couleur influencerait le produit fini.
Usages en cosmétique
Sa dureté et sa brillance en font l'agent de structure de référence pour les produits qui doivent tenir : rouges à lèvres, mascaras, crayons et sticks. Elle apporte la résistance à la chaleur qui empêche un bâton de ramollir en été.
On la retrouve aussi dans les soins des lèvres et les déodorants solides, où elle est associée à des corps gras plus mous.
Elle n'est jamais employée seule : sa dureté rend le produit inapplicable. Elle se combine avec des huiles végétales et des beurres, avec les ingrédients de base pour la fabrication maison.
Un point technique : son point de fusion élevé impose de chauffer la préparation au-delà de 85 °C pour la faire fondre complètement. Une fusion incomplète laisse des grains dans le produit fini.
Une alternative végane à la cire d'abeille
C'est l'un de ses principaux usages actuels. Contrairement à la cire d'abeille, la carnauba est d'origine végétale et convient donc à une formulation végane.
La substitution n'est cependant pas directe. Il faut environ quatre à cinq fois moins de carnauba que de cire d'abeille pour une dureté équivalente, et le résultat n'a ni le même toucher ni le même fini — la carnauba donne un aspect plus brillant et un contact plus sec.
La cire de candelilla, issue d'un arbuste mexicain, se situe entre les deux : moins dure que la carnauba, plus dure que la cire d'abeille.
Usage alimentaire
La cire de carnauba est un additif alimentaire répertorié sous le numéro E903, employé comme agent d'enrobage. On la trouve sur les fruits destinés à l'exportation, sur les confiseries dragéifiées, sur les chewing-gums et sur les compléments alimentaires en comprimés.
Précautions
Sous forme de poudre ou de paillettes, elle peut être inhalée lors de la manipulation. Il convient d'éviter de créer des nuages de poudre.
La température de fusion élevée demande de la prudence lors de la chauffe, en particulier au bain-marie.
Conservation
Très stable, elle se conserve plusieurs années à température ambiante, en récipient fermé, à l'abri de la lumière et de l'humidité. Elle ne rancit pas.
Questions fréquentes
D'où vient la cire de carnauba ?
Des feuilles d'un palmier du nord-est du Brésil, Copernicia prunifera, qui la sécrète pour limiter l'évaporation pendant la saison sèche.
Pourquoi est-elle si dure ?
Son point de fusion se situe entre 80 et 86 °C, contre 62 à 65 °C pour la cire d'abeille. C'est la plus dure des cires naturelles.
Quel dosage utiliser ?
1 à 3 % suffisent là où il faudrait 8 à 15 % de cire d'abeille. Elle n'est jamais employée seule.
Peut-elle remplacer la cire d'abeille ?
Oui pour une formulation végane, mais pas à quantité égale : il en faut quatre à cinq fois moins, et le fini est plus brillant et plus sec.
Que signifient les types 1 à 4 ?
Un classement par couleur. Le type 1, le plus clair, provient des feuilles les plus jeunes et convient à la cosmétique. Les types foncés sont réservés à l'industrie.
Pourquoi ma préparation contient-elle des grains ?
La fusion est probablement incomplète. Son point de fusion élevé impose de chauffer au-delà de 85 °C.
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